dimanche 1 avril 2012

"The Divide" de Xavier Gens

The-Divide-Poster-US


Aujourd'hui "The Divide" de Xavier Gens. L'histoire : Retranchés dans un abri de fortune sous leur immeuble suite à une explosion nucléaire, un groupe tente de survivre à l'isolement et à de mystérieux hommes revêtus de tenues antiradiations qui viennent enlever certains d'entre eux. Petit à petit, les clivages s'installent puis rapidement la bestialité et la bêtise prennent le dessus.
 
De bêtise justement il en est largement question dans ce hui clos post apo qui sur le papier semblait avoir beaucoup a offrir aux amateurs de sensations fortes, mais malheureusement c'est l'immaturité du traitement qui fait ici défaut.  Et ce dés les premières images du film où l’on voit une jeune femme regarder le feu nucléaire (sans se bruler les rétines) faire des ravages avec sur le visage l’expression d’une petite fille qui regarde une belle robe dans la vitrine d’un grand magasin. Du coup ce qui semble t'il doit passer pour une image poétique tombe à plat. Ce qui pouvait paraitre charmant dans le premier long du sympathique Xavier Gens "Frontières" tant ce dernier était branquignole, drolatique par l'outranciarité (mot inventé pour l’occasion) de ses personnages principaux, (remember le vieux Nazi), en devient ici vulgaire et d'une gratuité qui confère au surréalisme. Alors oui il est fort probable connaissant cette saloperie de race humane dont nous faisons je pense tous parti, que dans une situation similaire les choses se dégraderaient assez vite. Y a qu'a voir le loft à la TV et les laisser dans les mêmes conditions et je vous racontes pas le taux d'audience. Gens se borne a nous montrer des personnages impulsifs qui ne s'entraident pas vraiment (en y réfléchissant c'est bien les humains ça), mais sans jamais créer un véritable crescendo. Les acteurs en particulier Michael Biehn sur jouent grave et c'est bien dommage. Rosanna Arquette (une preuve de plus des ravages du lifting à la Meg Ryan) que l'on avait pas vue depuis bien longtemps (et maintenant on comprend pourquoi) est ici reléguée au rang de viande à bite, rôle qui aurait pu être intéressant si Gens avait plus travaillé la psychologie de son personnage désespéré et qui se réfugie dans la luxure afin de survivre, mais malheureusement ses motivations sont toujours opaques, son comportement et la façon dont Gens amène les choses est digne d'une production Marc Dorcel (j'en rajoute bien sur, mais une fois de plus le manque de crecendo) et c'est bien dommage car c'est un aspect du film qui aurait mérité plus de profondeur. Donc tout du long du film, les personnages se dégradent dans un joyeux fouillis narratif, puis vient l'hécatombe avec une succession d'actes plus crétins les uns que les autres. Un méchant qui d'un coup se travesti, et qui joue au méchant gay, bref les comportements de certains qui d'un coup virent de bord, sans même des signes avant coureurs. Aucuns panneaux de transition pour nous indiquer le temps qui passe. Et surtout une intrigue principale qui devient soudain une sous intrique complètement oubliée au profit d'une surenchère de scènes supposés être choquante mais qui font justement trop poussive et pataudes. Gens choc pour choquer et ça se voit. Du coup ça ne prend pas. Dommage vraiment car au début on y croit, l'arrivée des hommes en blanc est fort intéressante et bien réalisé, mais trop vite mis à l'écart. Donc au final, on se retrouve avec un film somme toute incohérent, foutraque (dans le mauvais sens du terme) et rentre dedans dans son désire de choquer. Car en comparaison avec un film comme le formidable "Blindness" où l'on retrouve certains passages similaires, il n'y a ici aucune finesse. Il n'y a certes aucunes finesse dans les actes barbares de l'homme dans la vie réelle me direz vous, mais il y a un minimum à avoir lorsque l'on met en scène la brutalité dans un film qui n'est pas supposé être une série B trash et décomplexée. Je ne vous raconte pas la fin, mais ça vaut son pesant que cacahouètes rancies... Voila dommage que ce second essai US de Xavier Gens se solde par un tel film. Dommage vraiment car certains passages sont intéressants, mais sont sans cesse flingués par le manque de finesse dans lequel baigne le film. Qu'à cela ne tienne car Xavier Gens reste un réalisateur passionné et fort sympatique dont j'apprécie le travail, sauf celui çi en fait...





Aucun commentaire: